TechnicAtome a 50 ans ! L’occasion de fêter cet anniversaire avec ses collaborateurs et plus récemment avec ses partenaires. Détailler cinq décennies d’excellence dans le domaine de la propulsion nucléaire et des réacteurs de recherche nécessite bien plus qu’un article de blog, mais rappelons tout de même les grands jalons de son histoire. Tout commence le 16 juin 1972 lorsque 150 collaborateurs du Département de construction des piles du CEA (rejoints ensuite par l’équipe du département de propulsion nucléaire) joignent leurs forces pour travailler à la construction de réacteurs de recherche et doter la France de sous-marins à propulsion nucléaire. Les projets marquants s’enchaînent d’année en année : le Redoutable en décembre 1971 5 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) à la même période TechnicAtome sort les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) de classe Rubis et affirme sa marque de fabrique : la compacité. Les années 80 et 90 voient TechnicAtome s’aventurer sur des projets plus diversifiés, avant de se recentrer sur son cœur de métier à travers la conception du Charles de Gaulle, 1er porte-avions à propulsion nucléaire, et la conception des chaufferies des SNLE. © Maquette du PANG prise en photo par l’équipe Ametra lors du salon Euronaval 2022 En 2006, TechnicAtome rejoint le groupe AREVA et prend alors le nom d’Areva TA. Deux projets de réacteurs sont alors lancés : le réacteur d’essais (RES) et le réacteur Jules Horowitz (RJH). Le RJH © CEA Du côté de la propulsion navale, TechnicAtome s’engage dans le programme Barracuda avec la conception des chaufferies de plusieurs SNA sur 25 ans. Une étape majeure vient d’ailleurs d’être franchie avec la divergence du réacteur nucléaire embarqué du Duguay-Trouin, 2e SNA du programme, qui a eu lieu le 30 septembre 2022. Des projets ambitieux qui annoncent de belles décennies à venir ! © Naval Group Il faut attendre 2017 pour que la société redevienne TechnicAtome, lorsqu’Areva met un terme à sa participation majoritaire dans sa filiale. De nouveaux défis voient le jour : TA est en charge des chaufferies nucléaires de propulsion du Porte-Avions Nouvelle génération (PA-Ng) ainsi que du système de soutien (outillages, formation) et des combustibles des chaufferies baptisées K22. La conception et la réalisation de 6 nouveaux sous-marins lanceurs d’engins de 3ème génération ainsi que le projet de petit réacteur modulaire SMR NUWARD sont également au programme. De 1972 à 2022, TechnicAtome est passé de 150 à plus de 1800 collaborateurs ! Sur ces 50 ans, cela fait près de 40 ans qu’Ametra et TechnicAtome collaborent « AMETRA est pour TechnicAtome un partenaire de longue date, et nous ne pouvons que louer son savoir-faire technique et sa fiabilité dans la durée. » Loïc Rocard, Président Directeur Général de TechnicAtome Le groupe Ametra entretient une longue relation de confiance renouvelée avec TechnicAtome, et ce depuis bientôt 4 décennies. Nous y avions déjà consacré un article dédié, mais en voici quelques grands temps forts : Année 2012: Création d’un centre de services dans le domaine de l’aéronautique près de Toulouse, dans le cadre de la diversification d’Areva TA. Année 2014: Création d’un centre de services calcul & mécanique en sous-traitance de TechnicAtome. Un travail commun sur le projet de Réacteur Jules Horowitz (RJH). Un partenariat historique sur le Laser Mégajoule. Depuis 20 ans, AMETRA accompagne TechnicAtome dans les différentes phases du projet. À Saclay pour réaliser la conception préliminaire de la partie centrale du LMJ (salle d’expériences) puis à Bordeaux pour les activités de Cellule de Synthèse, AMETRA a développé une compétence précieuse notamment dans la conception des équipements opto-mécaniques, de mesures plasma et de maintenance nucléaire. Le groupe Ametra souhaite un bon anniversaire à TechnicAtome « Apporter une contribution aux projets d’excellence de TechnicAtome représente une grande fierté pour les équipes d’Ametra. Bon anniversaire à ce fleuron français, qui pourra compter sur notre engagement sans faille à ses côtés pour les 50 prochaines années et au-delà ! » Anne-Charlotte Fredenucci, Présidente du groupe Ametra Pour en savoir plus sur nos expertises et références, rendez-vous sur notre site officiel. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur LinkedIn. © image principale : TechnicAtome
Sûreté Nucléaire : Ametra a obtenu la qualification UTO !
Après un processus d’audit sur plusieurs mois, le groupe Ametra a obtenu sa qualification UTO. Mise en place par l’entreprise EDF, cette dernière permet de sélectionner et qualifier les prestataires qui interviennent sur les installations nucléaires françaises (centrales, réacteurs…). La qualification UTO est délivrée après un examen attentif réalisé par des experts EDF. Elle garantit un haut niveau d’exigences relatives à la sécurité, la radioprotection et de manière générale à la sûreté nucléaire. Ametra a démontré que toutes les compétences étaient réunies pour garantir des standards élevés lors des projets au service du groupe EDF. Depuis plusieurs années déjà, nos collaborateurs apportent leur expertise à différents acteurs de la filière nucléaire : Technicatome, Framatome, etc. Afin de pouvoir étendre nos interventions aux projets directement orchestrés par EDF, nous avons fait le choix de nous lancer dans ce processus de qualification, entamé dès l’automne 2020 : travail préparatoire pour prendre en compte l’intégralité des exigences spécifiques au nucléaire et aux contraintes de sûreté ; sensibilisation du personnel pour bien comprendre les enjeux du travail sur des équipements en centrale ; implémentation de tous les standards et processus nécessaires à la limitation maximale des risques d’accidents nucléaires dans le cadre des travaux effectués pour EDF ; mise en place de processus de double vérification et de règles de conception spécifiques pour éviter les dommages sur les installations ; Un an plus tard, le groupe s’est vu remettre sa qualification UTO et a pu poursuivre deux projets importants portant sur des travaux de calculs et de simulation numérique sur des éléments en centrale nucléaire. Et pour la suite ? Un expert EDF dédié suivra attentivement les fiches d’évaluation générées sur chacune des prestations réalisées, afin de s’assurer que tout est respecté. Après sa certification Qualianor et en attendant les nouvelles normes internationales, le groupe Ametra poursuit son engagement au sein de la filière nucléaire française et multiplie les projets d’envergure auprès des plus grands acteurs du secteur. Ametra est également un membre actif du GIFEN (Groupement des Industriels Français de l’Energie Nucléaire). Pour en savoir plus sur nos expertises et références, rendez-vous sur le site officiel du groupe. N’oubliez pas non plus de nous suivre sur LinkedIn ! (c) image principale : EDF
Euronaval 2022 comme si vous étiez
Plus de 450 exposants, 150 délégations officielles françaises, européennes et mondiales, 350 journalistes accrédités : le salon Euronaval 2022, qui s’est tenu du 18 au 21 octobre, a permis de découvrir tous les futurs équipements, innovations technologiques et expertises de différents acteurs privés et institutionnels dans le domaine naval. Zoom sur les temps forts de ces 4 jours de salon. La star du salon : Naval Group et la DGA ont présenté le PANG C’est sans conteste l’un des plus gros temps forts d’Euronaval 2022 : la Direction Générale de l’Armement et Naval Group ont dévoilé la maquette du porte-avion nouvelle génération (PANG). © Ametra Avec une mise en service prévue en 2038, ce dernier mesurera 310 mètres de long pour un poids de 75000 tonnes, pourra accueillir 40 avions et hélicoptères de combat et près de 2000 hommes, ce qui en fera alors le plus grand navire de guerre européen. La DGA et et l’agence de l’innovation de défense (AID) ont également présenté d’autres matériels inédits et projets d’avenir : drones navals du programme SLAM-F (système de lutte anti-mines marines du futur), projet d’innovation franco-japonais DM/DE-Micta, Xtend Explorer, Drix, Proteus, mais aussi Josepha (une nouvelle technique de soudure par friction), Helma-P, un système de lutte anti-drone qui utilise un laser en cours d’étude et évaluation pour sa partie maritime ou encore Anaïs, un projet d’analyse des incohérences de situation maritime, issu de l’innovation participative et actuellement expérimentée par la marine nationale. Les 4 lauréats des Euronaval Awards for naval innovation : de nouvelles technologies impressionnantes ! Plutôt que de créer un podium, le jury des Euronaval Awards a décidé de remettre quatre prix à quatre entreprises sur la base des critères suivants : innovation, durabilité, dualité et crédibilité. Arkeocean, société basée dans le sud de la France, a remporté le prix pour sa technologie SEAKER, des “systèmes USBL acoustiques entièrement intégrés, agiles et abordables”. Elwave, installée dans l’Ouest de la France, utilise le biomimétisme pour créer des systèmes de détection, de navigation et de caractérisation électromagnétiques. Optics 11, entreprise néerlandaise basée à Amsterdam, développe des solutions innovantes de détection par fibre optique. Thales Six a reçu un prix pour son antenne quantique. Cette dernière permet de réduire la taille des antennes, un défi important pour optimiser l’empreinte des systèmes. 3 start-ups récompensées dans le cadre de SEAnnovation Depuis 2018, le salon Euronaval a mis en place un espace SEAnnovation pour mettre en avant et récompenser les pépites les plus innovantes de l’industrie de la Défense. Cette année, 34 start-ups aussi bien françaises qu’étrangères ont été retenues suite à un appel à candidatures. Au final, plusieurs prix ont été décernés : Prix “Promesse Technologique”: DIAMFAB Prix “Réponse à un besoin opérationnel” : MY DATA MODELS Prix “Passage à l’échelle” : OLEDCOMM Ametra y était : la sélection personnalisée de nos experts, et nos photos ! Le groupe Ametra était présent lors du Salon. Le stand a permis d’échanger avec des experts et décideurs du secteur et de présenter notre savoir-faire. © Ametra Nos collaborateurs présents ont été impressionnés par différentes innovations : les systèmes lance-leurres de Lacroix Défense les nouveaux développements de drones le simulateur hélicoptère de DCI Group © Ametra la technologie d’isolation des câbles de puissance dans les sous-marins les nouveaux projets de sociétés telles que NavalGroup et Exail (drones sous-marins, systèmes de détection dont mines…) la maquette du porte-avions nouvelle génération PANG la tourelle sur le stand Nexter… © Ametra Voici en images quelques souvenirs marquants du salon : N’oubliez pas de nous suivre sur LinkedIn pour ne rien manquer de nos futurs articles et reportages !
Nouveaux locaux à Paris Sud et Bordeaux : Ametra s’agrandit !
Le groupe Ametra, c’est avant tout un ensemble d’agences régionales destinées à être implantées au plus près de ses clients. La proximité compte ! Deux d’entre elles ont récemment déménagé. Déménager ses bureaux en Ile-de-France ou dans la région bordelaise, rien de plus commun a priori… sauf lorsque ce type de déplacement a pour objectif principal d’améliorer la vie de ses collaborateurs tout en étant au plus près de ses clients. Comment se traduisent ces choix ? On fait le point dans cet article. Une meilleure qualité de vie au travail, ce n’est pas une déclaration : c’est très concret L’évolution des modes de travail appelle une adaptation de l’environnement dans lequel les collaborateurs travaillent au quotidien. C’est pourquoi les nouveaux locaux choisis par Ametra permettent de : gagner en espace (+50% de superficie en moyenne) ; créer de nouveaux espaces hybrides de travail : chaises hautes, alcôves pour des échanges plus informels au sein du bureau d’études… ; se réunir dans des salles de réunion plus conviviales ; favoriser les interactions entre jeunes ingénieurs et mentors grâce des assises déplaçables permettant d’évoluer d’un poste de travail à un autre en quelques secondes… Ci-dessous, le choix d’aménagements hybrides pour répondre à tous les besoins Désormais, les équipes de ces agences pourront profiter d’espaces évolutifs et conviviaux qui répondent aux différents modes d’interactions et besoins dans leur quotidien. Autre point important : disposer d’un cadre de travail plus moderne, spacieux et agréable n’a de sens que si les collaborateurs n’ont pas de temps de transport supplémentaire à prévoir. C’est pourquoi Ametra a longuement cherché ses nouveaux bureaux dans les mêmes quartiers, pour avoir un impact minimal sur le temps de trajet. Le résultat ? De nouvelles implantations à quelques centaines de mètres des anciennes agences, soit 3 min de différence à Mérignac ! © Ametra, de nouveaux locaux à quelques minutes seulement de l’ancienne adresse ! Cela permet de renforcer la fidélité des collaborateurs à notre entreprise, d’être à leur écoute tout au long de l’année et d’assurer une pérennité de service à nos clients. L’ADN d’Ametra : être implanté régionalement au plus près de ses clients industriels Historiquement, le groupe Ametra a toujours créé et installé ses agences au plus près de ses clients et des zones d’implantation d’industries spécifiques : à Mérignac, nous sommes proches du CEA, de Dassault, de Thales ou encore d’ArianeGroup. A Clamart, Nexter ou encore MBDA sont à proximité des locaux. Nos choix de déménagements s’inscrivent pleinement dans cet esprit ! Cela permet d’assurer le haut niveau de présence et de qualité de nos interventions au forfait tout en garantissant nos engagements de résultats. Au-delà de la proximité géographique et humaine, des salles entières sont dédiées aux projets clients avec un accès contrôlé et sécurisé. Des agences spacieuses pour continuer à recruter Le groupe Ametra a l’ambition d’embaucher une centaine de collaborateurs en 2023 (vous pouvez consulter toutes nos offres d’emploi ici). Faire le choix de déménager vers des agences spacieuses et d’adopter de nouveaux formats de cadre de travail répond aussi à la croissance attendue des équipes dans les mois à venir. Consultez dès maintenant notre site officiel pour en savoir plus sur Ametra et les opportunités de carrière au sein du groupe.
Helion Hydrogen Power : la pile à hydrogène d’Alstom
La filiale d’Alstom Helion Hydrogen Power, acquise auprès d’Areva au printemps de l’année 2021, est un acteur clé de l’industrie hydrogène et des piles à combustible en France. Helion conçoit, fabrique et commercialise des stacks pile à combustible de type PEM, ainsi que des systèmes hydrogène intégrés d’une puissance allant d’une centaine de kW à plusieurs MW. Les champs d’application sont variés : ferroviaire, stationnaire, hors route et maritime, et ce en France comme à l’international. Le ferroviaire, au cœur de la stratégie hydrogène d’Alstom L’apport des piles à combustible est très différenciant dans le secteur ferroviaire. A l’heure actuelle, la majorité des infrastructures est alimentée en électricité via des catenaires. Mais les moteurs diesel restent très utilisés et près de la moitié du réseau européen génère des émissions très importantes de CO2. Avec les piles à combustible, qui représentent une alternative propre solide pour les besoins d’autonomie supérieure à 1000 km, le secteur va pouvoir évoluer vers son objectif de zéro émission. Helion travaille déjà sur des trains à hydrogène (de type locomotive et fret), ce qui fait d’Alstom le premier acteur au monde à mettre en service des trains régionaux à hydrogène (Coralia iLindt a été le 1er à circuler sans émission dès 2018). Des applications qui dépassent la seule industrie ferroviaire La pile à combustible Helion fait (entre autres) aussi parler d’elle dans le secteur maritime. La Région Occitanie a ainsi commandé un navire hybride au début de l’année ; la PAC servira au chantier naval PIRIOU à équiper la future drague hybride à propulsion diesel et hydrogène, une première mondiale ! Pour les opérations à quai ou à proximité immédiate, le bateau pourra alors fonctionner sans émission, en n’exploitant que la pile hydrogène. Plus récemment encore, le système de pile à combustible FC-Rack Marine vient de recevoir un signal positif du Bureau Veritas en vue d’équiper des bateaux. Une technologie unique de piles à combustible, FC Rack™ Appelée FC Rack™, la brique pile à combustible standard d’Helion Hydrogen Power est basée sur une architecture simplifiée et modulaire et a l’avantage d’être reproductible en série. De type PEM (membrane échangeuse de proton), les piles à combustible d’Helion sont composées de plaques en graphite. Ces dernières assurent une plus grande durabilité et fiabilité, tout en ne rejetant… que de l’eau pure. © Alstom La 6e génération des stacks HELION est prévue pour 2023. L’expertise du groupe Ametra au service d’Helion et d’Alstom A l’heure actuelle, Ametra apporte son expertise en analyse fonctionnelle et géométrique ainsi qu’en compétences mécaniques en renfort des équipes d’Helion et travaille sur des problématiques techniques avancées afin d’en identifier les sources. Les collaborateurs Ametra engagés sur ces sujets ont notamment travaillé sur plusieurs démonstrateurs, ainsi que sur l’intégration de la PAC dans un combustible pour obtenir un ensemble autonome que l’on puisse déplacer et raccorder facilement. Ametra s’inscrit dans une relation de longue durée avec Alstom. Pour en savoir plus sur nos expertises et références, visitez notre site officiel. N’oubliez pas non plus de nous rejoindre sur LinkedIn ! image principale : © Helion Hydrogen Power
Eurosatory 2022 comme si vous y étiez
Plus de 60 pays présents, 1800 exposants dont 650 entreprises françaises et une inauguration exceptionnelle par le Président de la République Emmanuel Macron et le ministre des Armées Sébastien Lecornu : après 4 ans d’absence, Eurosatory 2022, le Salon international de la défense et de la sécurité, a particulièrement marqué les esprits. Le contexte international tendu a donné une aura particulière au rendez-vous du 13 au 17 juin 2022 à Villepinte : “l’économie de guerre” vient s’imposer comme le nouveau paradigme. Au programme donc, la présentation de systèmes d’armements variés ( parfois déjà déployés sur le sol ukrainien), véhicules blindés, munitions, robots et drones, armes d’assaut, hélicoptères et chars lourds, mais aussi tout un pan de technologies à usage hybride à fois militaire et civil : Intelligence Artificielle (IA), réalité virtuelle, cybersécurité, robotique… Les grands donneurs d’ordres et autres industriels majeurs n’étaient pas les seuls à participer puisque le salon a d’ailleurs mis à l’honneur Eurosatory LAB, un espace dédié aux start-ups défense et sécurité, au sein duquel près de 80 start-ups de tous horizons et pays ont pu présenter leurs innovations technologiques. Une 27e édition marquée par le conflit ukrainien et le retour de la guerre “à haute intensité” Eurosatory 2022, “mini-sommet international de la Défense” ? C’est ce qu’on a pu parfois lire dans les médias. L’inauguration du salon par Emmanuel Macron et la présence de 227 délégations officielles arrivées de 94 pays (dont 1 Premier Ministre, 13 Ministres de la Défense, 5 de l’Intérieur, 42 Chefs d’Etat-Major et 18 représentants d’organisations internationales) ont en effet donné une ampleur particulière à un salon déjà très établi. © Ametra, tous droits réservés A cette présence impressionnante de représentants officiels s’ajoute une tendance à l’augmentation globale des dépenses militaires mondiales : la guerre en Ukraine a vu les budgets Défense s’envoler dans de nombreux pays. Le bilan Défense du salon Eurosatory : Ametra décrypte les tendances sur BFM ! Vendredi 17 juin, Anne-Charlotte Fredenucci, présidente d’Ametra, a abordé le bilan du salon Eurosatory 2022, dans l’émission Le Grand Journal de l’Éco. Vous pouvez retrouver l’intégralité de la vidéo sur le site de BFM. © BFM TV Quelques équipements et innovations présentés lors du Salon Les avancées du programme Scorpion et autres temps forts de la DGA Eurosatory a été l’occasion pour la DGA et l’Armée de Terre de présenter les derniers équipements connectés spécialisés dans le combat collaboratif : Programme d’armement Scorpion et le combat collaboratif infovalorisé : véhicules, drones, connectivité, Scorpion la suite et Contact ; Programme Centurion pour le combattant de demain et la protection du combattant ; Aéro-combat : démonstration optronique en temps réel sur l’hélicoptère, NH90 forces spéciales et présentation de l’hélicoptère interarmées léger ; Appui-feu : canon Caesar, système air-sol moyenne portée, lutte anti-drone. Si vous n’avez pas pu vous rendre à Eurosatory, voici la présentation vidéo du stand de la DGA : Eurosatory est un salon au cœur de l’innovation grâce aux centaines de nouveaux produits technologiques présentés, mais aussi à l’Eurosatory LAB. Parmi les temps forts marquants de cette édition, on peut notamment citer : Helma-P, le laser anti-drones Helma-P, développé par la PME orléanaise Cilas et ArianeGroup, permet de repérer et identifier les drones et de les suivre sur près de cinquante kilomètres. L’opérateur peut ensuite le neutraliser en envoyant un rayon laser. Lutte anti-drones toujours : l’IA de détection Deeplomatics Deeplomatics, financé par la DGA dans le cadre de l’ANR Astrid, utilise des techniques de Deep Learning appliquées à la vidéo et à l’audio pour identifier et suivre en temps réel les trajectoires de drones à faible signature. L’”ensemble d’antennes microphoniques compactes, omnidirectionnelles et indépendantes” permet d’accomplir cette mission dans des zones complexes, tels que des environnements avec du relief ou des zones urbaines et péri-urbaines, là où les technologies classiques peuvent peiner à détecter ce type d’engins. © source: defense.gouv.fr , Exemple illustratif d’installation potentielle pour surveiller un site urbain. Les start-ups de l’Eurosatory LAB L’Eurosatory LAB accueillait également des start-ups de l’incubateur d’innovation du GICAT, GENERATE. Cette année, Mesodyne a remporté le 1er prix pour LightCell. Son générateur d’énergie breveté convertit n’importe quel combustible en électricité via la lumière, ce qui augmente la durabilité des petits systèmes de près de 10x par rapport aux batteries ! L’entreprise française M-CADOR se hisse en seconde place grâce à ses caméras intelligentes et ses logiciels d’analyse d’images. Découvrez en vidéo cet espace innovant de l’édition 2022 ! En images : Ametra au salon Eurosatory Vous n’avez pas pu passer visiter le stand Ametra ? Retrouvez quelques images de notre présence au Salon ! Anne-Charlotte Fredenucci, Présidente du groupe Ametra, avec Emmanuel Macron sur le salon Eurosatory 2022 : © Ametra, tous droits réservés © Ametra, tous droits réservés © Ametra, tous droits réservés © Ametra, tous droits réservés Pour ne rien manquer des prochaines actualités du secteur et du groupe Ametra, rejoignez-nous sur LinkedIn et visitez notre site officiel !
La mobilité par hydrogène : le défi des stations services et des infrastructures de recharge
La filière française d’hydrogène a devant elle de nombreux défis à relever pour assurer le passage d’une mobilité lourde à des carburants non fossiles. 1er challenge de la filière hydrogène : passer d’une infrastructure embryonnaire à un réseau étendu de rechargement La première difficulté rappelle celle des véhicules électriques, mais de manière encore plus accentuée : le rechargement et les infrastructures qui permettent l’adoption massive de ce type de véhicules à grande échelle sont complexes à mettre en place. En Ile-de-France, 3 stations services à hydrogène seulement sont accessibles aujourd’hui (pour une trentaine en France en 2022) ! Le réseau de recharge est donc particulièrement limité. A l’heure actuelle, seuls quelques taxis, transports en commun et véhicules de marchandises ont la possibilité d’évoluer autour de ces zones (aéroports et Air Liquide aux Loges-en-Josas) et donc de pouvoir se recharger régulièrement. © Air Liquide, dossier de presse l’Hydrogène en France 2022 Ci-dessous : AG 2022 Air Liquide – L’hydrogène, au cœur de la transition énergétique Autres sujets de taille : les prix et la validation des technologies de piles à combustibles. Cela explique entre autres le fait que les véhicules grand public à hydrogène restent particulièrement rares. Toyota commercialise un modèle et la société Hopium a ouvert avec succès ses commandes pour sa Machina. Dans tous les cas, la mobilité à hydrogène restera limitée aux transports en commun et aux camions tant que l’infrastructure globale ne sera pas plus développée. Cela étant dit, le développement français de la mobilité individuelle par hydrogène s’accélère très rapidement : par exemple, la société HysetCo, 1ère société d’actifs dédiée au développement de la mobilité hydrogène et initiative soutenue par Air Liquide, Kouros, TotalEnergies et Toyota, opérera un réseau d’une quinzaine de stations hydrogène bas carbone en Ile-de France d’ici 2024. Du côté de la mobilité lourde et du transport de marchandises, le projet HyAMMED inclut notamment une station hydrogène bas carbone de grande capacité (700 bar, 1 tonne/jour] qui permettra jusqu’à 20 rechargements journaliers de camions hydrogène effectuant de longues distances pour une autonomie pouvant aller jusqu’à 800 kilomètres. La station entre en phase de test et sera mise en service à l’été 2022. Elle alimentera en hydrogène bas carbone principalement la première flotte européenne de huit camions de 44 tonnes spécialement conçus dans le cadre du projet. Assurer la sécurité du recours à l’hydrogène tout en augmentant les capacités de rendement Seconde grosse difficulté, et non des moindres : l’aspect plus dangereux de l’hydrogène. Le carburant est hautement inflammable et explosif. Cela implique pour la filière d’assurer l’aspect sécurité du produit, de son transport, des véhicules conçus de cette manière… et des stations qui les accompagnent. Le risk management implique des contraintes très fortes sur lesquelles des experts travaillent. C’est le cas de collaborateurs Ametra, qui interviennent justement auprès d’Air Liquide pour améliorer la sécurité des stations et des trailers (camions transporteurs d’hydrogène) en analysant les différents modes possibles de défaillances. Dans le réseau actuel, les camions qui transportent de l’hydrogène le font déjà sous des pressions très élevées (350 bars). Les projets portent sur un passage à des pressions de 700 bars : en doublant ce nombre, un même véhicule pourra ainsi transporter un plus grand volume d’hydrogène. L’intégralité du dimensionnement de tous les composants et des systèmes pour stocker le gaz doit donc être pensée de manière très rigoureuse. Les industriels français face à des défis de taille, mais l’hydrogène s’installe Du côté des institutions, les véhicules hydrogène font l’objet d’une attention toute particulière : plusieurs régions, dont l’Ile-de-France, investissent de manière importante pour favoriser ce type de mobilité. La volonté publique de développer cette filière est donc forte en France : le pays prévoit de mobiliser 7 milliards d’euros d’ici 2030 (dont 2 issus du plan de relance) en vue de décarboner l’industrie par ce biais. Cela se traduit entre autres par des subventions importantes pour plus de transports publics de ce type, mais aussi pour faciliter la fourniture d’hydrogène en interopérabilité (350 et 700 bars). Derrière la volonté de ”lever les freins à la structuration d’un réseau opérationnel de distribution de l’hydrogène “ , les objectifs de la Région sont de plusieurs ordres : Développement de stations ouvertes à terme, et de leur répartition spatiale en fonction des besoins et des stations déjà existantes, Création de stations multi-énergies, Fourniture d’hydrogène en interopérabilité (350 et 700 bars), Organisation de l’universalité des paiements, Possibilité de conversion d’une station propriétaire en une station ouverte au public et interopérable, Innovations facilitant le développement de la filière hydrogène dans tous domaines (fluvial, réseaux…). L’Ile-de-France n’est bien sûr pas la seule région à s’intéresser de très près à l’hydrogène. Vous pouvez par exemple consulter cette vidéo de la région Occitanie pour mieux comprendre les enjeux de cette énergie pour les acteurs territoriaux. Au-delà des transports publics et de marchandises, la démocratisation de l’hydrogène pour les véhicules particuliers reste compliquée. Mais là encore, les initiatives se multiplient sur le marché. Toyota a par exemple commercialisé son modèle Mirai. Côté français, Hopium est sous les feux des projecteurs. La société développe un véhicule hydrogène haut de gamme très remarqué et connaît une croissance forte. Un avenir prometteur pour le transport par hydrogène Si l’offre d’infrastructure est encore limitée et les contraintes sécuritaires exigeantes à assurer, l’hydrogène semble toutefois promis à un bel avenir. La filière française se structure autour de grands acteurs, comme Air Liquide précédemment cité, mais aussi de tout un tissu industriel de PME expertes dans leur domaine comme le groupe Ametra, le tout soutenu par une demande portée par les régions, l’Etat et déjà quelques constructeurs privés. Pour en savoir plus sur nos métiers et notre savoir-faire, consultez dès maintenant notre site officiel. Vous pouvez aussi nous suivre sur LinkedIn pour ne rien manquer de nos actualités.
Décryptage : l’activité calcul numérique
En quoi consiste le calcul numérique ? Rares sont les personnes extérieures au monde de l’ingénierie à saisir ce que signifie concrètement faire des dimensionnements ou des calculs de différents types. De manière générale, le principe du calcul et de la simulation dans le monde de la conception et de l’ingénierie, est de mettre en équations mathématiques un système, afin de prédire comment il se comportera une fois qu’il sera réellement construit. Les bases du dimensionnement, des objets quotidiens aux systèmes industriels Les ingénieurs travaillent à partir de concepts ou de concepts en cours de développement et partent d’exigences particulières pour orienter leur conception. Et cela peut s’appliquer à tout ! Construction d’un pont, d’une fusée ou même d’un jouet pour enfants qui doit résister aux chocs et à la manipulation… L’intérêt de la simulation et du calcul est donc déjà de prédire et d’évaluer comment se comporte un système face à X ou Y sollicitation… alors qu’il n’existe pas encore. Et pour ce faire, il est important de le mettre en équation. Au sein du groupe Ametra, nous sommes très orientés mécanique : notre activité principale est de prédire comment se comportent différentes structures sous des sollicitations diverses. Chaque système mécanique va alors se voir appliquer ce que l’on appelle des conditions limites. En effet, tout calcul ou simulation est encadré par des limites (la limite étant ce qui nous intéresse pour l’objectif de la structure finale). Par exemple, pour simuler un réseau électrique, on prend ce qui entre et ce qui sort. Ce qui entre peut être le réseau électrique ou EDF ; ce qui sort, une ampoule. En mécanique, c’est la même chose : il existe des conditions de blocage, comme la fixation d’un plancher sur un mur ou sur un poteau (à titre purement illustratif), ou encore une autre condition limite qui peut être les divers charges que ce même plancher devra être capable de supporter tout au cours de sa vie. Ces charges peuvent êtres décrites dans des normes, ou dans le cadre de besoins fonctionnel particuliers… Quels types de sollicitations la simulation doit-elle prendre en compte ? Elles sont de multiples sortes : Charges statiques permanentes et variables (pour un plancher, le mobilier sera un point d’évaluation de la capacité en charge statique; pour un parking, les voitures stationnées…) Charges dynamiques (typiquement les voitures qui roulent sur un sol). Les charges peuvent être à la fois dynamiques et variables. Plusieurs exemples historiques illustrent malheureusement ce qu’il se passe quand les dimensionnements sont erronés : stade qui s’effondre, ancien pont sur lequel les militaires ne pouvaient pas marcher au pas cadencé au risque de les abîmer, pont qui entre en résonance sous sollicitation de vent et qui s’effondre (pont de Tacoma https://www.youtube.com/watch?v=Rmfl2kFeNPM ). Dans le cas du stade qui s’effondre, les personnes qui sautent partout et hurlent sont à la fois une sollicitation aussi variable que dynamique qui peuvent faire entrer en résonance les structures (catastrophe de Furiani). On comprend alors l’importance du travail des ingénieurs en charge des calcul de dimensionnement. Ces derniers doivent parfaitement anticiper ces charges statiques et dynamiques, mais aussi environnementales (tempête, séisme, neige, glace, variation rapide ou lente et prolongée des températures…) Tous ces éléments sont pris en compte pour dimensionner les structures, en fonction de leur finalité propre bien sûr. D’autres charges existent : elles peuvent être incidentelles ou accidentelles. On les retrouve aussi bien dans les systèmes industriels que sur des produits du quotidien qui peuvent connaître un défaut de fonctionnement. Dans le cas d’une cocotte-minute par exemple, cette dernière doit être dimensionnée pour résister à une pression largement supérieure à sa pression d’utilisation et doit être sécurisée par une valve fusible en cas d’obstruction du système de limitation de la pression afin d’éviter une explosion potentiellement catastrophique. A échelle plus sensible encore, il est fondamental de bien anticiper les possibles défauts de fonctionnement des centrales nucléaires, des avions… Comment dimensionner des structures ? Des éléments finis à l’apport du numérique Pour dimensionner des structures simples, les ingénieurs en mécanique utilisent des équations qu’ils connaissent bien, qu’il s’agisse de les appliquer à des modèles complexes ou simples. Pour une équerre qui tient une étagère, le dimensionnement va porter sur les vis, les chevilles, l’équerre qui prend en compte le poids de l’étagère mais aussi toute la charge de poids (ce que l’on peut mettre dessus, du bibelot aux livres plus lourds en passant par un enfant qui jouerait à s’y accrocher !). Lorsqu’il s’agit de règles de calcul simples, cela peut se faire à la main de manière basique. Mais dès que les structures gagnent en complexité, on entre dans l’univers de la simulation numérique. Il va alors s’agir de modéliser une structure en dessinant et en ayant recours à ce que l’on appelle des éléments finis, qui sont de petits éléments unitaires. Ces éléments finis sont des multiplications simples, mais la complexité naît d’en manipuler beaucoup simultanément. Cela mène alors à la résolution d’équations aux dérivées partielles. De manière simplifiée, la méthode simplifiée pourrait être expliquée ainsi : il est possible de dessiner un cercle dès lors que l’on a en notre possession de tous petits bouts de ligne droite que l’on va pouvoir poser les uns à côté des autres jusqu’à ce qu’ils forment visuellement un cercle. Si ces éléments droits étaient plus grands, cela ressemblerait plutôt à un carré ou à un losange. Mais dès lors que l’on diminue leur taille et multiplie leur nombre, on passe peu à peu à un octogone puis à un cercle que l’on peut reconnaître visuellement. De manière plus globale, il est possible de réécrire un élément volumique ou un système à partir d’une multitude de petits cubes ou de petits éléments (pour reproduire une forme initiale). On parle alors de discrétisation, c’est-à-dire de rendre les choses discrètes avec de petits éléments aux équations simples. Au final, le calcul numérique entre en jeu dès lors que les structures impliquent un nombre important de ces petits éléments. Il
Comment le conflit Ukrainien impacte la Défense européenne
Le conflit en Ukraine, accélérateur d’une Défense européenne commune longtemps lente à se mettre effectivement en place ? C’est ce qui se dessine depuis quelques semaines. Des réactions rapides et inédites au niveau de l’UE et de ses Etats-membres L’invasion russe perpétrée depuis le 24 février est venue interroger du jour au lendemain la capacité de l’Union à se positionner lorsqu’un conflit armé éclate dans son voisinage immédiat. Ses Etats-membres ont pris des décisions et actions communes inédites jusqu’alors. La première et plus notable d’entre elles reste l’annonce de la Commission Européenne de l’utilisation d’une enveloppe de 450 millions d’euros « pour fournir aux forces ukrainiennes des armes létales, ainsi que du carburant, des équipements de protection et des fournitures médicales ». Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, s’est exprimé en ces termes : c’est la fin d’un « tabou voulant que l’Union ne fournisse pas d’armes à des belligérants ». La décision a été aussi inédite que rapide : 3 jours seulement après le début du conflit, un accord a été trouvé au niveau européen pour soutenir les forces ukrainiennes. Certains Etats membres eux-mêmes ont surpris par leurs prises de position et l’Allemagne en est l’exemple le plus frappant. Après des décennies de refus de livraison d’armes en zone de conflit et une tradition pacifiste non interventionniste, Berlin a accepté de fournir des missiles et lance-roquettes antichars… tout en renforçant son budget de modernisation de sa propre armée (100 milliards d’euros supplémentaires), doublé d’une contribution de plus de 2% de son PIB dédiée à la Défense – ce que la France a également décidé. Dans le même esprit, la Suède, pourtant attachée à sa politique de neutralité, a promis l’envoi de lance-missiles en Ukraine. Plus de moyens communs et individuels, ainsi des tournants radicaux dans les politiques et postures qui prévalaient depuis des années : pas de doute, le conflit entre la Russie et l’Ukraine vient questionner l’Europe à tous ses niveaux. La politique de Défense commune est ancienne, mais la guerre en Ukraine lui redonne des couleurs longtemps attendues “Finie la Belle au bois dormant?” s’interroge La Tribune. Les semaines qui ont suivi le début de la crise ont en effet vu s’accélérer les initiatives européennes en matière de Défense, en particulier l’adoption d’une “boussole stratégique”. C’est la 1ère fois que l’Union se dote de ce type de cadre, avec une liste d’actions très concrètes (autour des thèmes “agir, sécuriser, investir, coopérer”). Il est toutefois important de noter que la boussole stratégique ne marque pas de rupture avec la clause de défense collective européenne, qui reste largement inexploitée, là où l’OTAN conserve une position importante (les Etats renforcent d’ailleurs leur dispositif militaire dans le cadre de cette alliance). Ce dernier point tend à évoluer. Pour la 1ère fois de son histoire, l’Union Européenne va avoir recours à la Facilité européenne pour la paix (2021) afin de financer l’envoi de matériel militaire, y compris des armes létales, en complément d’une série de sanctions décidées par les 27. La crise ukrainienne ouvre clairement la voie à une Défense européenne plus proactive et concrète qu’elle ne l’a jamais été dans l’Histoire. Cela pose bien sûr un grand nombre de défis et de questions, mais l’évolution rapide des postures, budgets et choix des Etats-Membres comme des institutions communes laisse à penser qu’un mouvement fort est en marche.
Les programmes Défense du futur
Avez-vous déjà entendu parler de la Red Team défense ? Ou quand des auteurs et dessinateurs de science-fiction collaborent avec le ministère des Armées pour imaginer les menaces du futur… L’idée peut d’abord surprendre, mais elle rappelle à quel point les programmes militaires doivent sans cesse anticiper les potentiels dangers et scénarios de demain. Défense : les enjeux cruciaux du futur et la multiplication des menaces Nouvelle course à l’armement, terrorisme, exfiltration de ressortissants, Cyber space, dangers en haute mer… tous les Etats, dont la France, se penchent sur la pérennité des systèmes actuels mais aussi les menaces auxquelles il faudra savoir faire face dans les années et décennies à venir. Dans ce contexte, la DGA élabore avec l’État-major des Armées (EMA) ”une vision prospective de la menace, de son évolution à court terme et à long terme, et du système de défense”. C’est ainsi que l’Agence de l’Innovation de Défense (AID) vient fédérer les différentes initiatives d’innovation. Sur quels axes de travail portent les innovations pour imaginer les programmes de Défense de demain ? l’identification des technologies émergentes les investissements permettant la préparation des futures capacités des forces armées françaises l’innovation participative la captation d’opportunités (issues notamment du secteur civil) Ces travaux de réflexion s’articulent à court et à long termes et sont répartis en 4 types de projets : Les PTD : projets de technologies de de défense (anciennement programmes d’études amont) destinés à développer des technologies sur le long terme pour garantir la supériorité opérationnelle et l’autonomie stratégique des armées françaises Les PAI : projets d’accélération d’innovation qui se caractérisent par la montée en maturité du produit ou service et son expérimentation afin de permettre un déploiement rapide au sein du ministère des Armées Les PIP : projets d’innovation participative développés par le personnel, civil ou militaire, du ministère des Armées Les PR : projets de recherche qui permettent de détecter et faire émerger les futures technologies stratégiques (source : DGA) Au niveau européen, la Boussole Stratégique dessine la prochaine décennie en matière de Défense Approuvée au mois de mars 2022 par le Conseil de l’UE, la boussole stratégique vient doter l’Union Européenne d’un plan d’action ambitieux visant à renforcer la politique de sécurité et de défense de l’Union d’ici à 2030. En voici les grands axes regroupés de manière visuelle: © European Union, 2022 Si l’Europe et la France définissent et organisent les grandes orientations et l’allocation des budgets qui y correspondent chacune à leur niveau (avec récemment l’adoption d’un effort national de contribution militaire à hauteur de 2% du PIB français), l’innovation pour développer les programmes Défense de demain repose aussi sur les entreprises, PME, TPE et start-ups de la filière industrielle. On peut par exemple citer le travail sur l’autonomie décisionnelle de plusieurs systèmes de défense effectué par Delfox, ou encore la surveillance des zones maritimes via des bateaux autonomes (Seaproven). Les programmes de Défense de demain prolongent aussi l’innovation sur des projets phares des dernières années que sont notamment la lutte anti-drones (Parade), le Programme Scorpion ou encore les initiatives cyber, sous-marines et spatiales. Un point important à souligner est l’essor à venir des mesures prises pour les batailles dites “de l’informationnel” (fake news), la désinformation étant aussi un sujet hautement stratégique en matière de Défense ! Ci-dessous, la Conférence Infox & deep learning lors de la dernière édition du FID : La prospective militaire, clé des futurs programmes opérationnels et stratégiques L’analyse des scénarios mentionnée dans l’introduction de cet article est originale, mais s’inscrit dans une longue tradition de prospective : “Plus les différentes évolutions possibles, aussi bien continues que « disruptives », des plus probables aux plus improbables, auront été étudiées (nature, probabilité d’occurrence, intensité, temporalité, conséquences, etc.) et anticipées (afin de ne pas être surpris et de pouvoir saisir ces évolutions et ruptures comme des occasions et non des crises à surmonter), mieux les armées seront familiarisées aux changements ; plus elles seront à même de s’adapter rapidement en en saisissant toutes les opportunités et plus elles seront résilientes et mieux préparées” (source). Au-delà des études stratégiques s’est tenu l’hiver dernier le Forum Innovation Défense (FID) pour imaginer et anticiper les conflits du futur. Sur le salon, les innovations ont été réparties en six univers thématiques : gagner la guerre avant la guerre soutenir le combattant innover pour se transformer anticiper les ruptures construire ensemble capitaliser sur 60 ans d’innovation à la DGA Plus de 110 projets y ont été mis en valeur et dessinent la réflexion sur les programmes de défense du futur. Lutte anti-drone, intelligence artificielle, interaction Homme-Machine, spatial, Simulation Massive en Réseau (principes du serious gaming), nouvelles protections à destination des forces spéciales, quantique et nouvelles énergies… les innovations ne manquent pas et de nouvelles opérations de réflexion collective sont régulièrement organisées tout au long de l’année. Nous ne manquerons pas de vous partager les innovations et programmes à venir. 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