Cela faisait longtemps que le taux de chômage n’avait pas été aussi bas en France. Ce phénomène semble s’installer, ce qui a pour conséquence le renforcement de la pénurie de main-d’œuvre technique qualifiée. Pas assez d’ingénieurs formés Chaque année, 40 000 nouveaux ingénieurs sont diplômés en France. Un volume loin d’être suffisant pour répondre aux besoins de transformation de l’économie et la société. Actuellement, les entreprises d’ingénierie recrutent un peu plus de 80 000 collaborateurs par an et sur tout le territoire. Si ce chiffre peut paraître important, il est insuffisant : les entreprises souffrent d’un sous-effectif structurel de l’ordre de 2 à 4 %. L’économie française a besoin de 50 000 à 60 000 nouveaux ingénieurs diplômés par an. Une des solutions serait de former davantage d’ingénieurs. Plusieurs évaluations nationales (Cedre, JDC) et enquêtes internationales (Pisa, Timss) pointent un décrochage des élèves en mathématiques dès le primaire, décrochage qui se confirme au collège. Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle est socialement très discriminante, le décrochage étant plus marqué chez les élèves issus de milieux défavorisés. Ce phénomène contribue à leur sous-représentation dans les formations scientifiques et dans les écoles d’ingénieurs au profit des enfants de cadres supérieurs, d’enseignants ou de professions libérales. Favoriser une ouverture sociale des filières techniques longues serait donc un axe sur lequel les entreprises, au côté des écoles, pourraient contribuer à travailler, afin d’augmenter le nombre de diplômés. Ainsi, les Ambassadeurs de l’Ingénierie, une initiative du Syntec pour envoyer de jeunes actifs parler de leur métier dans les collèges et lycées, pourraient cibler en priorité les établissements de quartiers populaires. On ne peut occulter également la préférence des entreprises pour des salariés disposant d’une première expérience, préférence qui relègue les jeunes diplômés en formation initiale derrière ceux qui ont obtenu leur diplôme en alternance et qui connaissent déjà le monde de l’entreprise et ses codes, c’est-à-dire ceux qui possèdent la pratique en plus de la théorie. Des formations complémentaires pourraient être montées, en lien avec les OPCO, pour mettre les jeunes diplômés en situation et parfaire leur formation académique par une formation pratique appliquée. A ce problème de manque de diversité sociale s’ajoute une sous-représentation des femmes en filière ingénieure. Les entreprises d’ingénierie enregistrent de fait un faible taux de féminisation, avec 31 % de femmes dans leurs effectifs, mais 26 % seulement sur le cœur de métier de l’ingénierie et 11 % dans les postes de direction. Sensibiliser les jeunes filles dès le collège au fait que les carrières scientifiques ne leur sont pas fermées pourrait faire partie des solutions à développer : là encore, les Ambassadeurs de l’Ingénierie porteraient la contribution des entreprises. En attendant, les employeurs sont de plus en plus nombreux à miser sur les compétences transversales, plébiscitant des candidats capables de faire plusieurs métiers au cours de leur carrière. Recruter des profils atypiques, notamment des profils techniques qui ne soient pas diplômés d’écoles d’ingénieurs fait également partie de la solution : les entreprises doivent accepter d’ouvrir leurs critères de recrutement, ce qui est certes plus aisé pour des PME / ETI agiles que pour des grands groupes avec des échelles salariales figées selon le diplôme et l’ancienneté. Favoriser et encourager l’élargissement du recrutement dans les filières techniques En conclusion, les réponses à cette pénurie ne sont pas miraculeuses ; il s’agit de bon sens et de se donner collectivement les moyens d’agir : l’investissement dans la formation des salariés et des demandeurs d’emploi : gouvernements, établissements d’enseignement supérieur et entreprises sont appelés à miser sur la formation pour parvenir à combler le fossé qui se creuse entre le système scolaire et le marché de l’emploi ; favoriser l’accès aux longues études techniques au plus grand nombre, quel que soit le genre ou le milieu social de l’étudiant ; communiquer le plus tôt possible sur les possibilités de carrières, trop de jeunes ne savent que tardivement quelle voie choisir, susciter les vocations ; accepter de recruter des candidats aux parcours plus atypiques. Découvrez comment Ametra contribue : à travers son investissement dans les Ambassadeurs de l’Ingénierie, l’égalité des chances, la féminisation et la parole donnée aux femmes, ou encore l’embauche et la promotion de profils atypiques.
Offset, opportunité pour la filière : mythe ou réalité?
La récente signature d’une commande de 42 avions Rafale par l’Indonésie a remis sur le devant de la scène l’importance des compensations industrielles avec les pays acheteurs. L’offset impacte directement l’ensemble des PME qui accompagnent les grands donneurs d’ordres industriels : mais est-ce une opportunité pour ces entreprises ou, comme le craignent certains dirigeants d’entreprises de taille modérée, une aventure audacieuse au retour sur investissement douteux ? Petit rappel : le mécanisme offset, un processus très encadré de compensation industrielle L’offset fait référence à un marché de compensation, par lequel une société qui vend ses produits à un pays s’engage à réinvestir une partie de la valeur déboursée sur ce même territoire (50% dans le cas des Rafale en Inde). Comme le souligne cet article d’Usine Nouvelle, “les exigences de compensations industrielles, ou offsets, occupent une place croissante dans la négociation des grands contrats. (…). Dans le seul secteur de la Défense, le montant global des offsets a progressé de 25 % entre 2012 et 2016, pour représenter près de 2,5 % des dépenses militaires. Pour décrocher le contrat de 36 avions Rafale en Inde, Dassault a dû s’engager à réinvestir 50 % de sa valeur dans le pays, sous forme de fabrication locale et d’approvisionnement auprès de sous-traitants indiens” Ce système a un impact direct sur tous les fournisseurs du vendeur, qui se voient inclus dans le système en ayant eux-mêmes des obligations de se positionner sur le territoire indien. Se “contenter” de créer un bureau commercial n’est pas compatible avec les exigences de compensations industrielles : c’est bien la fabrication qui doit être implantée sur le territoire afin d’encourager des retombées économiques, montées en compétences technologiques et créations d’emplois. Par exemple, dans le cas des Rafale, le mécanisme d’offset permettra entre autres de faire monter en compétences des techniciens et ingénieurs indiens, qui sauront demain concevoir des commandes de vol du Rafale. Ces opérations s’effectuent dans un cadre très précis et extrêmement encadré, soumis à des évolutions fréquentes. L’offset pour les PME françaises : bonne ou mauvaise idée ? Ces marchés représentent-ils des opportunités pour les PME ? La réponse est oui ! S’implanter dans un pays dans le cadre d’un marché offset répond aux besoins des clients industriels, y compris pour les projets en France. Allons même plus loin : ne pas le faire est dangereux stratégiquement, car il y a un risque réel de se voir déréférencé, y compris pour de la fabrication purement française. La plupart des clients industriels importants ont cette obligation d’aller à l’étranger et attendent par conséquent une implantation de leurs fournisseurs. Gaches Chimie s’est d’ailleurs lancé en Inde pour cette raison précise : “En tant que partenaire et fournisseur des usines de Dassault et de tous leurs sous-traitants en France depuis de nombreuses années, nous les avons suivis en Inde pour assurer la logistique locale (approvisionnement, stockage et relivraison en Inde) de tous les produits utilisés sur les programmes pour livrer DRAL et une dizaine de sous-traitants en Inde”. Au-delà de l’accompagnement des grands industries, les avantages de l’offset pour les PME sont nombreux : conquête potentielle d’un nouveau marché ; renforcement de sa position auprès des clients français ; développement du CA auprès des mêmes clients grâce à la production dans un autre pays. De plus, et c’est un atout non négligeable, une PME qui s’implante dans un pays concerné par l’offset va pouvoir sourcer localement sur l’ensemble de ses projets, bien souvent de manière compétitive (baisse de coûts/gain de compétitivité). En résumé, ce choix agit à 3 niveaux : continuer à gagner des affaires en France, faire du CA par ce biais, générer du CA supplémentaire sur le territoire étranger. Cela explique notamment que la filière dans son ensemble, via le GIFAS ainsi que différentes organisations très actives, s’organise pour accompagner et conseiller les PME dans leur démarche d’implantation. Ces dernières peuvent s’appuyer sur tout un réseau d’entreprises françaises déjà implantées à l’étranger. Ametra est déjà présente en Inde depuis plusieurs années Le groupe Ametra s’est lancé en Inde de cette manière, en participant à un voyage organisé par le GIFAS en avril 2018. Parallèlement à ce déplacement, un consultant franco-indien a été missionné pour sélectionner un partenaire industriel indien de confiance : son accompagnement pour le screening, les visites et le choix final a été essentiel. Ametra s’est ensuite entourée d’un autre consultant spécialiste en création de joint ventures et en commerce international, afin de bien négocier avec le partenaire local retenu. Comme le rappelle cet article des Echos, « prendre un partenaire indien à 51 % n’était pas une obligation, mais c’était la solution la plus simple, raconte la PDG d’Ametra. Nous avons défini nos critères : nous voulions une entreprise avec un savoir-faire et une taille comparable à Ametra, disposant des habilitations aéronautiques et de défense et avec une culture d’entreprise familiale, proche de la nôtre ». © groupe Ametra – Inauguration de l’usine de production Nucon – Ametra à Hyderabad A chaque PME de trouver son parcours, qu’il soit “classique” ou non. S’en remettre à des professionnels qui connaissent déjà bien ce type d’implantations et les pratiques locales est une excellente option ! Reste ensuite, bien sûr, à bien gérer son internationalisation et sa manière de travailler avec l’Inde. D’autres entreprises françaises se sont lancées avec succès. C’est le cas de Sefiam, filiale du groupe Turgis & Gaillard, qui produit des équipements pour le soutien des avions de combat : “lorsque Dassault Aviation, notre client historique, a conclu la vente de Rafale en Inde, nous y avons vu l’opportunité de faciliter l’internationalisation de notre entreprise. En effet, il nous a semblé plus simple de nous lancer dans un développement à l’étranger en étant intégré dans ce vaste contrat, qui implique les plus grandes entreprises françaises du secteur aéronautique. Cet investissement en Inde a rempli deux objectifs: d’une part, offrir un service supplémentaire pour nos clients, en participant à leurs obligations de création de valeur ajoutée locale. D’autre part nous ouvrir les portes de ce vaste
La propulsion hydrogène dans le secteur naval
La décarbonation et la recherche de meilleures performances sont des sujets cruciaux pour le secteur maritime. Si la propulsion nucléaire fait déjà beaucoup parler d’elle, l’hydrogène fait également l’objet de recherches et d’innovations à destination des activités navales, tant militaires que civiles. Le contexte : des activités navales particulièrement impactantes pour l’environnement Plus de 95000 navires de commerce circulent pour acheminer 80 à 90% des marchandises à travers le monde (soit près de 11 milliards de tonnes de fret par an). De manière globale, le transport maritime est responsable d’environ 2,5% des émissions de gaz à effet de serre. La plupart des études prédisant une accélération importante du transport maritime de marchandises, l’impact environnemental des activités navales s’annonce de plus en plus lourd. Et cela, sans même compter le nombre de bateaux de croisière, de plaisance et les navires militaires en circulation ! Si plusieurs pistes de travail sont envisagées pour diminuer les émissions générées par ce secteur (électrification à quai, GNL, système de bonus et malus…), l’hydrogène “vert” apparaît comme l’une des solutions les plus prometteuses dans les années à venir. Les possibilités offertes par les carburants alternatifs étant relativement limitées, en particulier sur les gros navires, les piles à combustible se détachent par leur rendement énergétique. La transformation du surplus d’électricité renouvelable en hydrogène (Power-to-Gas) est également étudiée. Un cadre national et international pour la transition du secteur Dès 2018, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a acté sa stratégie de réduction de l’empreinte CO2 de l’ensemble du secteur, avec un objectif de -70% d’ici 2050 (-40% en 2030). Ce cadre n’implique bien sûr pas que le recours à l’hydrogène, puisque d’autres pistes comme la réduction de la vitesse des navires y sont explorées. Sur le plan national, la France a mis en place son projet de décarbonation de l’industrie, avec pour objectif de réduire les émissions de 81% d’ici 2050. Dans ce contexte, l’hydrogène décarboné est l’une des solutions retenues. Le Plan de déploiement de l’hydrogène pour la transition énergétique du 1er juin 2018 fixe l’atteinte d’un niveau de 40% d’hydrogène produit à base de ressources renouvelables en 2028. La crise sanitaire est venue accélérer ces efforts en 2020 avec la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné en France, qui prévoit 2 milliards d’euros pour 2021-2022 et 7 milliards d’euros à l’horizon 2030 afin de décarboner les sites industriels et les moyens de mobilité. Les défis à relever pour le déploiement de la propulsion hydrogène dans le secteur maritime et fluvial La question des technologies de stockage pour l’hydrogène naval a fait l’objet d’un article sur notre blog. Vous pouvez le retrouver ici. D’autres freins restent à lever, parmi lesquels : la disponibilité suffisante d’hydrogène renouvelable ou bas carbone, la compétitivité de son prix, la sécurisation et les conditions de son stockage, le développement d’infrastructures de ravitaillement en hydrogène vert dans les ports. Quelques exemples de propulsion hydrogène dans le secteur naval Si le cap est encore difficile à passer de manière globale et que la plupart des vaisseaux à propulsion hydrogène en sont encore au stade du projet, certains bateaux plus petits ont déjà franchi le cap. A Nantes par exemple, la navette à hydrogène Jules Verne 2 peut assurer un service quotidien. Le navire à hydrogène Energy Observer, mis à l’eau en avril 2017, vise l’autonomie énergétique, sans émissions de gaz à effet de serre, ni de particules fines. “Développé en collaboration avec les ingénieurs du CEA-Liten, l’objectif du navire est de tester l’efficacité d’une chaîne de production énergétique complète reposant sur le couplage de différentes énergies renouvelables avec de l’hydrogène produit à bord à partir de l’eau de mer.” (source) Un autre projet français devrait voir le jour en 2023 : il s’agit du projet Hylias (HYdrogen for Land, Integrated renewables And Sea) qui assurera le transport de passagers entre Vannes et les îles du golfe du Morbihan. Du côté des sous-marins, Naval Group a réussi dès 2018 à produire de l’électricité en continu pendant 18 jours, dans des conditions représentatives d’une patrouille réelle de sous-marin, grâce à une pile à combustible (PAC) alimentée par un système de production d’hydrogène développé en partenariat avec IFPEN. Son système de propulsion anaérobie (AIP) associe deux technologies de rupture protégées par 70 brevets. Les paquebots de croisière ne sont pas en reste, puisque MSC Croisières s’est allié à Fincantieri et à la société italienne SNAM pour travailler sur la faisabilité de la construction du 1er navire de croisière à propulsion à hydrogène au monde. Il n’est d’ailleurs pas le premier acteur de ce type à s’intéresser à ce sujet, puisque le norvégien Viking Cruises étudie cette option depuis plusieurs années déjà. En 2017, Ouest France évoquait déjà son projet de “paquebot de plus de 200 mètres de long transportant 900 passagers alimenté par des piles à combustible d’hydrogène sans aucune pollution de l’air (…) c’est le dernier pari technologiquement assez fou lancé par l’armateur norvégien Torstein Hagen pour sa prochaine génération de navires”. D’autres recours à l’hydrogène sont envisagés pour différents types de bateaux : ils portent néanmoins sur le remplacement d’autres sources d’énergies à bord et non pas sur la propulsion elle-même. Découvrez le savoir-faire et les engagements d’Ametra Group sur notre site officiel, et suivez-nos actualités sur LinkedIn , Twitter et YouTube. (c) image principale : Naval Group
Lutte anti-sous-marine : l’enjeu stratégique des bouées acoustiques
L’augmentation des opérations sous-marines et les menaces qui l’accompagnent impliquent de renforcer le niveau de protection des zones stratégiques. C’est pourquoi la France, via sa Direction générale de l’armement (DGA), a choisi de relancer sa filière nationale de bouées acoustiques aérolargables pour mieux contrer la menace de sous-marins indésirables toujours plus discrets, en complément des sonars, des sous-marins et des hélicoptères embarqués. Ce choix de développer une filière française de bouées acoustiques est stratégique pour plusieurs raisons. Ce type de dispositif, déjà, est crucial pour permettre à la Marine de détecter, identifier et pister des sous-marins étrangers et de s’assurer qu’ils ne s’approchent pas trop des côtes ou des vaisseaux français (porte-avion, sous-marins nucléaires…). Rappelons que bien que la Marine nationale en utilise déjà plusieurs milliers par an, ces bouées ne sont toutefois pas issues d’une filière française. Relancer leur conception sur le territoire est donc un choix de souveraineté important, puisque cela permettra d’arrêter d’acheter des milliers de bouées étrangères chaque année, et ce depuis la fin des années 1990. C’est autour de Thales qu’une dizaine d’entreprises françaises travaillent de manière conjointe au développement et à la production des bouées SonoFlash. Parmi les PME engagées, on peut citer Anglet, Telerad, Nervures, Realmeca, SELHA Group / EINA ou encore Plastimo. SonoFlash, dont le développement s’inscrit dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 et de la reconquête de la souveraineté industrielle nationale, représente une nouvelle génération de bouées. Elle pourra être déployée par n’importe quel aéronef de lutte anti-sous-marine. L’ATL2 rénové en sera le premier appareil équipé. Des frégates européennes ou encore les hélicoptères NH90 pourront aussi les mettre en œuvre. Les bouées acoustiques, compactées dans un tube, sont parachutées en mer ou éjectées par un système mécanique ou pneumatique. Au contact de l’eau (impact), le flotteur se gonfle et la bouée commence à se déployer. L’antenne sonar effectue ensuite sa mission d’émission réception (bouée active) ou d’écoute (bouée passive). Le flotteur transmet les résultats du sonar à l’aéronef jusqu’à ce que sa batterie s’épuise. L’une des innovations majeures apportées par le projet est que les bouées SonoFlash seront équipées des 2 modes de détection des sous-marins (mode passif et mode actif), ce qui constitue une avancée technologique majeure. « Dans la taille d’un tube de 12,3 cm de diamètre et 91,4 cm de longueur, Thales a concentré dix années d’innovation matérielle et digitale pour décupler le rayon d’action d’une force navale en lutte anti-sous-marine, surclasser toutes les bouées acoustiques existantes sur le marché et offrir aux marines un nouveau sonar polyvalent et facile d’emploi pour le pistage de sous-marins depuis n’importe quel aéronef, piloté ou non, frégate ou drone de surface. Nous sommes reconnaissants à la DGA et à la Marine de leur confiance et heureux d’aller au bout de ce projet avec les PME françaises partenaires de ce projet qui permettra à la France d’établir sur le territoire national une filière souveraine de bouées acoustiques. » Alexis Morel, Vice-Président, Systèmes sous-marins, Thales. Découvrez le savoir-faire et les engagements d’Ametra Group sur notre site officiel, et suivez-nos actualités sur LinkedIn , Twitter et YouTube. © Thales
World Nuclear Exhibition (WNE) 2021 : zoom sur la 4e édition !
La World Nuclear Exhibition est le plus grand salon au monde consacré au nucléaire civil. L’édition 2021 s’est tenue au Parc des Expositions de Villepinte du 30 novembre au 2 décembre (après un report de l’édition 2020 en raison de la pandémie) et a réuni près de 17000 participants et 612 exposants venus des quatre coins du monde (pour un total de 40% d’internationaux). 1000 décisionnaires (gouvernements, institutions, grands acheteurs) ont visité le salon. Le groupe AMETRA y a bien entendu pris part ! © Ametra L’événement du GIFEN organisé par RX France a également permis aux personnes ne pouvant se rendre physiquement sur le salon d’y assister via la plateforme numérique WNE Live & Connect. Le thème de cette 4e édition s’inscrivait dans l’air du temps (de la COP26 aux plans de relance du nucléaire en France notamment) : “L’industrie du nucléaire, un acteur clé pour une société bas carbone et un avenir responsable”. (Si vous ne l’avez pas encore lu, n’hésitez d’ailleurs pas à consulter notre récent article sur le nucléaire comme énergie verte.) Sylvie Bermann, Présidente de WNE et Ambassadeur de France, s’est d’ailleurs exprimée en ces mots : “Les projets de construction de nouvelles centrales se multiplient dans le monde et la R&D autour de nouvelles technologies et concepts (SMR, Advanced Reactors, hydrogène,…) stimulent la filière et les perspectives en termes de business, d’emplois et de compétitivité sur l’ensemble de la chaîne de valeur. La situation actuelle n’a jamais été aussi porteuse pour l’industrie nucléaire dans le monde. J’ai la conviction que le nucléaire doit jouer un rôle crucial dans la transition énergétique pour atteindre l’objectif d’une société bas carbone. WNE est, plus que jamais, l’événement au service de l’industrie nucléaire mondiale”. Les temps forts du WNE 2021 Cette 4e édition du WNE a été marquée par de nombreux temps forts et rencontres, parmi lesquels : des tables rondes consacrées aux SMR (petits réacteurs modulaires) et aux Advanced Reactors ; des échanges sur l’hydrogène et la gestion des déchets ; le Startup Planet ; les WNE Awards (récompensant la sûreté nucléaire, le management des connaissances et des compétences, l’excellence opérationnelle, les produits & services…) ; la remise du WNE Fellow Award, qui a récompensé Kirsty Gogan, dont les travaux et les prises de position ont mis en relief le rôle majeur du nucléaire dans la lutte contre le changement climatique. L’attribution de ce prix par un jury d’experts mondialement reconnus était présidé par Bernard Bigot (Directeur général d’ITER Organization). Il est aussi intéressant de souligner la journée étudiante du 2 décembre organisée par l’Institut International de l’Energie Nucléaire (I2EN), en coopération avec le GIFEN. Plus de 150 étudiants ont été accueillis sur le salon, et près de 500 s’y sont connectés à distance depuis leur établissement en France ou à l’étranger ! Nos collaborateurs étaient sur le terrain et vous partagent leurs découvertes Ci-dessous, une maquette du Réacteur Jules Horowitz sur le stand du CEA. AMETRA travaille justement sur le RJH depuis de nombreuses années ! Le stand EDF proposait quelques jeux de plateau, dont celui-ci sur le cycle du nucléaire : Les robots spécialisés n’étaient pas en reste, à l’image d’ANYmal sur les images ci-dessous. Créé par la start-up suisse ANYbotics, il mène des opérations d’inspection sécurisée sur différentes zones industrielles, relève des jauges et transmet de manière autonome les éventuelles mesures anormales. Le mot de la fin « Cette édition a remporté un franc succès et a permis durant ces 3 jours de rencontrer un très grand nombre de nos clients dans ce secteur du nucléaire. Des perspectives très encourageantes sur l’année 2022 et les années à venir, perspectives qui doivent nous conforter dans le développement de nos activités au sein de ce secteur. » Christophe CAPELLE, Directeur Général du Groupe Ametra Découvrez nos métiers et expertises sur le site officiel Ametra, et n’oubliez pas de nous suivre sur Linkedin pour ne rien manquer des actualités !
Les petits réacteurs modulaires (SMR)
Les petits réacteurs modulaires (ou Small Modular Reactors, SMR en anglais) sont des réacteurs nucléaires à fission, de taille et de puissance inférieures à celles des réacteurs conventionnels. Leur puissance varie entre 10 et 300 MW, contre 900 et 1600 MW pour les réacteurs classiques. Si l’on prend l’exemple du Nuward, projet conjoint entre le CEA, EDF, TechnicAtome et Naval Group, on parle d’un type de réacteur “10 fois moins puissant qu’un EPR et de l’ordre de quatre fois plus qu’un réacteur de propulsion nucléaire navale” (Loïc Rocard dans La Tribune) Les réacteurs modulaires suscitent d’autant plus l’intérêt qu’ils apportent différents avantages spécifiques : Leur modularité : les SMR peuvent être déployés en tant que modules uniques ou sous forme de systèmes multi-modulaires standardisés. Les petits réacteurs modulaires étant conçus en sous-ensembles, il devient possible de les fabriquer en usine avant de les acheminer et de les assembler sur place, à l’opposé d’une centrale de taille plus imposante, pour laquelle toutes les pièces sont montées directement sur le site. Cette modularité permet aussi d’associer le nucléaire à d’autres sources d’énergie, y compris renouvelables, et d’assurer une modulation de la production en fonction des besoins du réseau. Une plus forte visibilité sur les commandes grâce à une vraie maîtrise des coûts et délais de production. Les SMR sont rapides à monter et fiables en termes de planning et de dépose. Des capacités élevées de fiabilisation et sécurité : les SMR sont dotés d’un système de sûreté passif intrinsèquement sûr, qui arrête automatiquement l’installation en cas de dysfonctionnement. Certains d’entre eux sont conçus pour être immergés : le petit réacteur est confiné et l’eau est déjà là, ce qui offre un niveau de sécurité passive bien plus élevé que celui qui existe aujourd’hui sur les réacteurs. Dans le cas du projet français NUWARD par exemple, il est prévu une autarcie complète de 3 jours minimum ; Ci-dessous, plus d’informations sur l’avancée et les enjeux de NUWARD : Une taille compacte qui permet d’équiper des sites isolés ou encore des navires ; Un effet de série industriel qui permet d’abaisser les coûts, tout en se substituant à la recherche d’économies d’échelle dans le cas des grandes centrales nucléaires. Grâce à des investissements initiaux bien inférieurs à ceux d’un EPR de série, la technologie des SMR pourra donner accès au nucléaire à plusieurs pays primo-accédants et répondre aux besoins de pays dont le réseau est peu maillé (ou encore lorsque les centrales ne sont pas raccordées entre elles). Les caractéristiques des petits réacteurs modulaires permettent donc d’une part de renforcer la sûreté des installations, mais aussi de réduire les travaux sur site puisque ces derniers sont produits en usine puis assemblés sur place. Ils apparaissent donc comme un complément idéal aux réacteurs nucléaires “classiques”. Moins onéreux et plus rapides à déployer, ils permettent de décarbonner l’électricité là où sa production est encore assurée par des centrales à combustibles fossiles vieillissantes et polluantes. On peut par exemple citer le cas des centrales à charbon de moyenne puissance aux Etats-Unis. Le développement de tels réacteurs ouvre de nouvelles perspectives de marchés et va permettre de répondre à différentes demandes spécifiques du marché de l’électricité à travers le monde. Le groupe Ametra est un partenaire historique de TechnicAtome en dimensionnement mécanique, et a entre autres été amené à travailler sur différents sujets dans le cadre de la R&D et de l’Avant-Projet Sommaire du projet conjoint de petit réacteur modulaire : calculs mécaniques et dimensionnements, travaux sur les problématiques thermo mécaniques et thermiques d’un générateur de vapeur, sûreté… Le travail sur ce projet s’inscrit sur le long terme, puisque Ametra est engagé depuis 8 ans sur ce sujet et a renouvelé la collaboration pour encore 4 ans. Sûreté renforcée, maîtrise des coûts et des délais, capacité à être produits en plus petite série et modularité : les petits réacteurs modulaires répondent donc à des besoins précis de manière particulièrement adaptée et permettent de renforcer le mix énergétique. Pour en savoir plus sur le groupe Ametra et ses expertises, rendez-vous sur notre site officiel. N’oubliez pas non plus de nous rejoindre sur LinkedIn pour ne rien manquer des actualités du secteur ! © TechnicAtome – image principale
Le nucléaire : meilleure énergie verte ?
C’est l’un des sujets qui diverge le plus entre la France et l’Allemagne, à l’heure où la Commission Européenne doit décider si le nucléaire est une énergie verte : “Réunis à Bruxelles, les 21 et 22 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont pressé la Commission de décider, d’ici à la fin novembre, du sort qui serait réservé au nucléaire et au gaz dans la taxonomie, ce classement des activités économiques en fonction de leurs émissions de CO2 et de leurs conséquences sur l’environnement.” (source : Le Monde) L’Allemagne doit sortir du nucléaire d’ici la fin de l’année prochaine. Mais comme le rappelle cet article, nos voisins doivent encore utiliser le charbon pour produire plus de 30% de son électricité. La France pour sa part s’en tient à une vision pragmatique visant à souligner que le nucléaire est une énergie décarbonée, fiable et abordable. Au-delà des approches très différentes retenues par les deux pays, en quoi peut-on considérer que malgré des débats souvent tendus, le nucléaire puisse bel et bien être la meilleure énergie verte disponible aujourd’hui ? Quelques arguments particulièrement forts appuient cette vision : L’énergie nucléaire est décarbonée et pollue bien moins l’atmosphère que d’autres sources d’énergie Si l’on compare le bilan carbone des différentes sources d’électricité telles qu’analysées par le GIEC, le nucléaire rejette à peu près la même quantité médiane de CO2 par kWh que les énergies traditionnellement classées comme renouvelables (soit entre 10 et 50g / kWh, contre plus de 800 pour le charbon et près de 500 pour le gaz). Dans la mesure où la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont l’une des priorités en matière environnementale à travers le monde, le nucléaire se positionne comme l’une des meilleures énergies vertes pour y parvenir. Cela ne signifie pas que ce type d’énergie ne pollue absolument pas, mais bien que son bilan carbone est remarquablement bon en comparaison des autres options disponibles. Ses rejets sont limités (et encadrés) Les rejets des installations nucléaires sont de différentes natures : thermiques, radioactifs et chimiques. Le SFEN relève à cet égard plusieurs points qui soulignent leur impact maîtrisé sur l’environnement et la santé : “Dans la pratique, les rejets [radioactifs ndlr] des centrales sont très largement inférieurs aux seuils réglementaires (…)”. De plus, “Les études menées depuis plusieurs dizaines d’année en France montrent que les effets des rejets thermiques sur la flore et la faune sont négligeables et que l’équilibre de l’écosystème aquatique à proximité des centrales n’est pas modifié. “ La question des déchets nucléaires n’est pas “toute noire ou toute blanche” La question des déchets radioactifs est souvent pointée du doigt. Il est important de rappeler à cet égard que tous les modes de production d’électricité sont des producteurs importants de déchets. Les combustibles fossiles produisent des gaz à effet de serre. Certes, l’idée d’enterrer des déchets nucléaires “solides” sur un site comme Bure peut faire peur, mais un déchet gazeux qui s’échappe librement dans l’atmosphère est loin, très loin d’être idéal tant pour la santé humaine que l’environnement. Les énergies renouvelables posent aussi des questions environnementales Si des options comme les éoliennes et les panneaux solaires sont souvent présentées comme les moyens les plus verts de générer de l’énergie, elles n’en posent pas moins d’autres soucis environnementaux, comme le besoin de terres rares. Jean-Marc Jancovici le soulignait déjà en 2002 : “les énergies renouvelables ne sont pas uniquement vertueuses, ne serait-ce que parce qu’elles requièrent souvent une très grande occupation des sols pour fournir des quantités significatives d’énergie. Par exemple, remplacer une centrale nucléaire par de l’hydroélectricité (renouvelable) impose de noyer une vallée (le potentiel de ce que l’on appelle les « micro-centrales » est très faible). Est-ce souhaitable ?” Au final, le nucléaire reste, malgré tous les débats qui l’entourent, une source d’énergie verte performante. Si elle n’est pas parfaite, il est important de la comparer avec ses alternatives actuelles (fossiles, etc.) et celles considérées comme propres (photovoltaïque, éoliennes…) malgré leurs limitations.
Les nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins SNLE 3G par NavalGroup et TechnicAtome
Les SNLE 3G (c’est-à-dire de 3e génération) désignent les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins destinés à remplacer la génération actuelle (à l’image du contre-torpilleur Le Triomphant). SNLE 3G est un programme régalien. Il s’inscrit dans le cadre des grands programmes d’armement dont la Direction Générale de l’Armement (DGA) assure la maîtrise d’œuvre depuis sa création il y a 60 ans, et notamment dans le programme Cœlacanthe (en charge notamment du renouvellement de la composante nucléaire océanique de la dissuasion) . Florence Parly a annoncé en février 2021 la notification du marché de conception d’une durée de 5 ans. La construction du premier sous-marin débutera en 2023 à Cherbourg. Les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins visent notamment à renforcer la capacité de dissuasion de la Force océanique stratégique (FOST) et donc à préserver les intérêts vitaux de la nation. A l’heure actuelle, cette mission est effectuée par quatre SNLE 2G, des sous-marins de deuxième génération. Les SNLE 3G viendront prendre leur relève pour les 50 années à venir et embarqueront les déclinaisons futures du missile stratégique M51. La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit que la nouvelle génération remplacera les actuels SNLE au fur et à mesure de leur retrait de service, et ce à partir de 2035. Un programme d’envergure pour l’industrie française Le programme SNLE 3G fait l’objet d’un accord cadre avec l’industrie pour le développement, l’industrialisation, la logistique et la production des quatre sous-marins. La maîtrise d’ouvrage revient à la DGA et au CEA pour la propulsion nucléaire. C’est dans ce contexte que Naval Group et TechnicAtome apportent leurs expertises respectives. Le 1er gère la maîtrise d’œuvre de l’ensemble de la fabrication, en cotraitance avec TechnicAtome pour la réalisation des chaufferies nucléaires. L’une des spécificités des technologies de simulation utilisées est qu’elles permettent de réduire de 50% les essais en bassin ou en mer. De manière plus large, le programme va mobiliser 200 entreprises et 3000 personnes pendant plusieurs décennies (près de 90 % de la valeur ajoutée du programme SNLE 3G sera produite en France). “Dans le cadre de la construction des quatre futurs SNLE 3G, Naval Group a signé ses premiers contrats d’approvisionnement avec différents fournisseurs impliqués, comme Framatome, Aubert et Duval, CNIM ou Industeel. Naval Group coordonnera les contributions de 200 entreprises françaises partenaires, établies dans l’ensemble de l’hexagone.” (source : Naval Group). Du côté de TechnicAtome, le travail sur les chaudières se présente ainsi : Développement de la chaufferie du sous-marin : études de conception et de dimensionnement, aménagement des installations, définition et qualification des équipements et des systèmes de la chaufferie, définition et qualification des combustibles nucléaires Études de sûreté et de production de la documentation réglementaire permettant d’obtenir les autorisations d’exploitation$ Réalisation des chaufferies des 4 sous-marins : approvisionnement des équipements, montage des chaufferies, réalisation du contrôle-commande et déroulement des essais de démarrage Développement et réalisation du système de soutien comprenant en particulier les outillages de chargement et déchargement du cœur ainsi que les plateformes d’entraînement pour la formation des personnels de la Marine Nationale Les SNLE 3G, fleurons de la technologie française Les nouveaux sous-marins seront plus rapides, plus silencieux et plus gros (d’une longueur de 150 mètres environ et pour un équipage de plus de 100 marins capables d’y vivre près de 3 mois) que la génération précédente. Chacun d’entre eux embarquera une version améliorée du missile balistique M51, ainsi qu’un sonar dont le développement a été confié au groupe Thales. Invulnérabilité, discrétion, furtivité : les SNLE visent à relever des défis de taille. Rappelons qu’il s’agit de sous-marins aux technologies les plus avancées au monde, puisqu’ils combinent une plateforme de lancement de fusées, une chaufferie nucléaire embarquée et des équipements avancés de détection, d’autodéfense, d’armement et de communication (environ 100 000 appareils doivent y être intégrés). C’est donc toute l’expertise de la filière technologique et industrielle française qui entre en compte dans leur conception et leur production, ce à quoi peuvent prétendre très peu de pays à travers le monde à l’heure actuelle. Cet article vous a intéressé ? Découvrez tout l’univers du groupe Ametra sur notre site officiel et n’oubliez pas de nous rejoindre sur LinkedIn! © Naval Group – image principale
Plan de relance de l’aéronautique : plus d’un an après, où en sommes-nous ?
Le 9 juin 2020, lors des premiers mois de la crise sanitaire, le gouvernement français a présenté son plan de relance aéronautique, programme de soutien aux investissements de modernisation de la filière aéronautique, qui a fortement été impactée par la Covid-19. Quelques mois plus tard, en décembre, Bercy est venu renforcer le dispositif avec le lancement du Plan Aéro. Inscrit dans un contexte plus large de relance industrielle, le plan vise depuis plusieurs mois à soutenir la transformation des ETI et PME, accélérer la transition écologique de l’industrie aéronautique, pérenniser l’excellence française et sa compétitivité dans ce secteur, ainsi qu’à concevoir et produire des aéronefs à la pointe de l’innovation. L’enveloppe de financement public s’élève à 15 milliards d’euros, dont 1,5 consacrés à la Recherche et au Développement (R&D). Le Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC) joue un rôle prépondérant dans ce projet. Parmi les initiatives les plus marquantes, on peut citer le travail sur la production d’un avion neutre en carbone d’ici à 2035, soit 15 ans en amont de la date anticipée. Où en est le plan de relance aéronautique à l’heure actuelle, près d’un an et demi après son lancement ? Cet été, lors d’une visite d’une usine Airbus, Bruno Lemaire s’est félicité de l’efficacité du plan de soutien : « [la filière aéronautique] est sortie d’affaire et commence à redémarrer, avec les commandes qui reprennent. Le transport aérien redémarre, très fort aux Etats-Unis et en Chine, plus lentement en Europe« . Dans les faits, à la date du 23 juillet 2021, 55 nouveaux projets lauréats portés par 58 entreprises totalisaient déjà plus de 102 millions d’euros d’investissements productifs et seront soutenus à hauteur de 39 millions d’euros par l’Etat (source : Gifas) Voici quelques exemples de projets impactants : Le projet Hyperion Des études associant Airbus, ArianeGroup et Safran sont dédiées au moteur à hydrogène, à la circulation du carburant et à ses réservoirs. Le projet repose sur la propulsion à hydrogène et est financé à égalité entre le secteur privé et le public. Le projet HELYBRID HELYBRID vise à parvenir à l’hybridation électrique de la propulsion d’un hélicoptère léger. En matière de propulsion hybride, il complète les projets COMPAQ et EPROPTEC, qui s’intéressent aux technologies des réseaux électriques embarqués capables de transporter des puissances de l’ordre du MW. Le projet MAJESTIC L’optimisation de la forme des aéronefs est un pan de travail essentiel, capable à terme de permettre de réduire de 5% les émissions de gaz à effet de serre. Le projet MAJESTIC porte sur la conception d’une voilure à fort allongement à la masse optimisée, ainsi que sur les systèmes et surfaces (ailerons, becs) qui permettront d’en garder le contrôle. © Gifas Pour rappel, la feuille de route est construite sur 3 piliers : Minimiser les besoins en énergie Changer de carburant Optimiser les opérations aériennes (vol en formation) Les perspectives pour 2021 portent entre autres sur l’hybridation électrique des moteurs, la propulsion hydrogène, l’optimisation de la forme pour en minimiser la traînée, ou encore le futur moteur ultra sobre. Au-delà de l’aide immédiate pour soutenir l’ensemble de la filière et maintenir son niveau d’excellence, le plan de relance garde pour objectif de “faire de la France l’un des pays les plus avancés dans les technologies de l’avion propre, en préparant la prochaine rupture technologique, en continuant à travailler sur la réduction de la consommation en carburant, l’électrification des appareils et la transition vers des carburants neutres en carbone comme l’hydrogène. Cette action permettra ainsi de conforter la place de leader de la France et de l’Europe dans l’aéronautique au niveau international mais également de faire levier sur la décarbonation de la flotte mondiale, jouant ainsi un rôle prépondérant dans la lutte contre le changement climatique”. (source : Economie.gouv.fr) Retrouvez-nous sur LinkedIn pour ne rien manquer de nos prochains articles et actualités. Vous pouvez aussi retrouver plusieurs exemples de projets menés par le groupe Ametra sur notre site officiel.
La révolution de la communication par les nanosatellites
Le déploiement de Starlink en France fait couler beaucoup d’encre. Porté par SpaceX, le projet consiste à permettre l’accès haut débit à Internet via une constellation de nanosatellites. S’il existe différents types de satellites adaptés à des usages variés, les nanosatellites intéressent pour plusieurs raisons. La fréquence de passages : lorsqu’il s’agit de couvrir un réseau avec des passages plus fréquents, le choix d’une constellation de nanosatellites s’avère plus performant. Le coût : les petits satellites sont une solution moins onéreuse que les satellites géostationnaires (satellites immobiles dans le référentiel terrestre), pour ne citer qu’eux. L’investissement nécessaire est réduit, tant au niveau de leur fabrication que de leur lancement. L’agilité qu’ils permettent : lancer des grappes de satellites de manière rapide offre la possibilité de procéder à des réajustements réguliers en fonction des besoins. Pour donner une idée d’ordre de grandeur, un nanosatellite pèse généralement moins de 10 kg (on parle aussi de CubeSat), là où un gros satellite peut atteindre une masse supérieure à 5 tonnes. On constate toutefois ci-dessous que les nanosatellites ne sont pas les plus légers qui existent : © Source: NASA, National Centre for Space Studies (CNES), Universitat Politècnica de Catalunya, KTH Royal Institute of Technology, École polytechnique fédérale de Lausanne, MIT [34 (https://www.mdpi.com/2072-4292/12/16/2546/htm#B34-remotesensing-12-02546)]. Elon Musk est loin d’être le seul à s’intéresser à ce type de satellites. On peut citer d’autres acteurs privés, à l’image d’Amazon. L’entreprise de Jeff Bezos prévoit de lancer une constellation de plus de 3 200 satellites en basse orbite, afin de proposer des services de haut débit à ses clients, aux entreprises et même aux gouvernements. Pour ce projet Kuiper, un contrat a été signé avec ULA, le constructeur de Boeing, et Lockheed Martin pour 9 fusées Atlas. De manière plus globale, c’est tout l’univers de l’IoT satellitaire qui se développe sur la base de ces constellations. Le groupe industriel Schneider Electric a par exemple retenu une solution par gateway pour “remonter des informations critiques d’équipements situés dans des endroits sans aucun moyen de communication”. Il est toutefois important de ne pas réduire l’usage des nanosatellites aux GAFA et gros acteurs privés. Depuis des années déjà, les institutions scientifiques sont également très actives sur le sujet. Rappelons d’ailleurs que CubeSat “désigne un format de nanosatellites défini en 1999 par l’Université polytechnique de Californie et l’université Stanford (…) pour réduire les coûts de lancement des très petits satellites et ainsi permettre aux universités de développer et de placer en orbite leurs propres engins spatiaux.” Les principaux champs d’étude scientifique des nanosatellites portent notamment sur l’étude du vent solaire et celle des astéroïdes. Dans le cadre de la mission spatiale DART menée par la NASA par exemple, un nanosatellite accompagne l’engin spatial principal et collecte images et données en complément des observatoires au sol. Le LICIACube, c’est son nom, est fourni par l’Agence spatiale italienne. Les Etats s’intéressent aussi aux possibilités offertes par ce type de satellites. Le Zimbabwe enverra ainsi son 1er nanosatellite, ZimSat-1, dans l’espace dès 2022. Il permettra “entre autres au pays de mieux gérer ses ressources naturelles, de se prémunir des catastrophes naturelles, d’observer et d’étudier les changements climatiques.” On le voit, cette typologie de satellites (tant micro que pico) va aussi bien venir révolutionner la communication “grand public” que les échanges et observations à vocation institutionnelle ou scientifique. Et au sol ? Les enjeux sont majeurs, en particulier au niveau du type d’antennes et des endroits où les implanter (ce qui fait naître de nombreux débats au niveau local dans les zones concernées). L’Union Européenne finance notamment des recherches scientifiques pour aboutir à des antennes compactes et abordables qui permettront à terme d’améliorer la largeur de bande des antennes et de favoriser une meilleure communication entre les stations au sol et les satellites. Reste à régler, entre autres enjeux, la question cruciale de la vulnérabilité de ces satellites et des données qu’ils captent et échangent. Ces constellations peuvent être hackées (vous pouvez lire à ce sujet cet article qui résume bien les soucis que peuvent poser la création de nouveaux territoires “piratables” et relaie le fait que l’”on a oublié un danger : ces satellites commerciaux ne sont pas soumis à des normes de cybersécurité “). La sécurisation des satellites est d’ailleurs un sujet de plus en plus présent, au point d’ailleurs pour la France de développer son propre patrouilleur spatial pour les protéger. Enfin, la multiplication des constellations pose la question des risques de collisions, sur lesquels travaille notamment la Nasa. Au final, les nanosatellites sont une véritable révolution en matière de communication à tous les niveaux et apportent de vrais avantages en comparaison des modèles plus imposants qui évoluent déjà dans l’espace. Ils posent toutefois de nombreux défis sociétaux et de sécurité à relever dans les années à venir. © Nasa – image d’illustration principale

